
Arrives a Irkoutsk, nous n'avions qu'une envie : sortir des villes russes et decouvrir la campagne environnante. De recherches en rencontres, l'Ile d'Olkhon sur le Baikal sera notre prochaine etape pour une semaine, le temps restant de notre visa russe et le temps d'aller a la rencontre de la racine chamanique de la Siberie.
Nos randonnees nous font decouvrir une ile idylique, peuplee de 1500 habitant pour 730 km2, les paysages sont si varies et les points de vus si magnifiques que les premiers jours de comtemplation nous offrent la beatitude des grands espaces et l'impression de decouvrir une autre Russie, un autre monde.
Situee au beau milieu du lac, l'ile offre une diversite de milieux impressionnante : steppes a l'ouest, forets boreales a l'est, dunes de sables et rochers vertigineux au nord. L'eau limpide du Baikal est potable, ici pas d'eau courante, mais le plus grand reservoir du monde a notre disposition. Les plus courageux iront se baigner dans une eau a huit degree et guere plus en ete. Les rivages de l'Ile sont si paisibles qu'ils donnent l'impression d'etre sur une ile volcanique du Pacifique ou alors dans une chaine de montagne au pied d'un lac inaccessible.
La nature y abonde sous toute ces formes, l'ile est peuplee de rennes, de cerf, de zibelines, de chevaux sauvages, les oiseaux ne sont pas moins nombreux et il nous sera donne l'occasion d'observer un aigle royal a quelques metres avant que celui-ci ne prenne son envol. La flore n'a rien a envier a la richesse de la faune, chaque randonnee s'est faite dans des champs d'edelweiss du Baikal, dans d'immenses espaces ouverts et fleuris.
Notre village hote, pose au bord de la falaise a l'ouest de l'ile nous fait voyager dans le temps, ses routes sont des pistes defoncees par les vehicules, les vaches vivent en communaute avec l'homme et sont omnipresentes. Chaque habitation possede sa propre banya, sauna local. Toutes les constructions sont en bois et aucune a plus d'un etage, chacune possede une reserve en bois d'un volume incroyable, la temperature hivernale descend ici jusqu'a -25 degree, l'energie emmagasinee l'ete par le lac associee a son inertie, font les hivers plus doux que dans le reste de la Siberie ou la temperature atteint -40. L'ile est accessible aux vehicules en ete par bac, et en hiver par vehicule sur 50 a 70 cm d'epaisseur de glace. L'electricite est presente depuis seulement deux ans et seuls deux villages sont relies.
Notre nourriture est tout aussi locale, chaque jour, a chaque repas, nous mangons de l'Omul : la truite du Baikal, fumee, a la poele, en soupe, en hachis, au four, en papillote, bref a toute les sauces, et toujours... excellente!
Nos reperes disparaissent, la serenite d'un horizon de plus de 300km ou le bleu du lac et le ciel se fondent en une brume evanescente nous ouvre les portes des legendes, des traditions de l'ile et des rituels chamaniques.
Notre rencontre avec un francais ethno-musicologue parti a la recherche des musiques chamaniques bouryates nous emmene a la decouverte d'un monde mystique. Les lieux sacres, les percussions, les rochers au lichen rouge du Nord de l'Ile, les soirees feu de camp ou la guimbarde resonne nous amene peu a peu vers une ouverture nouvelle. La concretisation en sera le spectacle qui nous sera offert lors d'une rencontre de chamanes, les tambours aux rythmes infernaux, les sons gutturaux venus du fond de la gorge et les transes ou l'etat de conscience se mystifie et l'invisible est contacte. Le chamane, la conscience tout comme le visage modifie, guerri les malades ou accompagnateurs venus le voir, poses a genou la face contre terre. La transe passee, c'est tout un rituel d'offrandes au ciel, sous forme de lait, de vodka qui nous sera donne de voir, puis la mise au feu d'un mouton egorge plus tot dans la journee, et enfin la purification des fideles, deshabilles pour l'occasion, par les branches de bouleau, l'eau du Baikal et la fumee.
Notre route a l'est nous a amene a la rencontre des bouryates sur l'oeil bleu de la Siberie et de leurs traditions chamaniques seculaires, nous y sommes restes 6 jours, un temps infiniment long pour un voyage itinerant mais enrichissant culturellement et surtout interieurement.
La route se poursuit plus au sud vers un nouveau pays, un autre monde : la Mongolie!
Merci a vous de nous suivre, en esperant qu'on vous fait voyager...
Les photos bientot! |